la torture et le viol dans les prisons de Lataquié en Syrie

Ce n’est dans aucun film d’action ou policier… ni même dans une bande quelle qu’elle soit ou une mafia… mais c’est dans la tranquille Lataquié qu’eut eu lieu cette histoire. Dans un des quartiers alliés à la bande qui gouverne ce pays, un quartier se situe le quartier général de la section de la police politique…
C’est là-bas que nous avons été retenus prisonniers durant des semaines… là-bas que nous avons goûté aux plus atroces formes de torture… Mais ce jour- là ce fut pire… tellement plus douloureux… ce que nous avons subi ne fut pas de la torture … c’était bien pire que cela… Les geôliers ont pénétré notre dortoir et ont enchainé un groupe de jeunes et leur ont bandé les yeux, les frappant, les insultant et les humiliants… Ils les ont ensuite emmené à l’extérieur du dortoir… Nous ne savions pas ce qu’ils allaient faire d’eux… Mais peu de temps plus tard, ils sont revenus, et l’horreur se voyait sur leur visage… Ils ont beaucoup hésité, ils n’ont pas su quoi nous dire… Mais par la douleur et la peur qu’ils nous ont communiquées, nous avons pu comprendre qu’ils avaient été forcés, durant ces minutes, à observer le viol d’une jeune fille.
Nous n’imaginions pas alors que notre tour viendrait et que nous serions confrontés, nous aussi, à l’observation de cette scène abominable… Mais ce fut ce que voulut Dieu…
Ils nous ont conduits, les yeux bandés, les mains ligotés, à la cave où se situe la cellule de torture… Ils nous ont forcés à nous asseoir par terre tout autour de la place centrale de la cellule…
Ils ont alors retiré les bandeaux des yeux… Nous avons été anéantis en voyant une jeune fille de 23 ans… ligotée à un lit, totalement nue… elle se faisait violer par un sergent des forces de l’ordre… On lisait sur le visage de la femme un effondrement total… Elle ne pleurait pas… Elle ne criait pas… Elle avait l’air d’avoir perdu ses sens… Elle n’avait plus conscience de ce qui lui arrivait… Ou peut-être n’avait-elle plus de larmes à verser… ou de voix pour crier et pour avoir mal…
Le sergent était gros et petit… il était très poilu…  Son visage était difforme…
Sa vision provoquait le dégoût… Il lançait à la fille des insultes : «Espèce de connasse ! Espèce de pute !». Un autre geôlier a pris sa place et l’a violée devant tout le monde…
Et pour augmenter encore la torture et  le crime, ils avaient ramené son mari, enchainé. Ils l’avaient forcé à rester debout près d’elle, afin qu’il soit présent et voient ces scènes de torture que subissait sa femme par ces espèces de monstres… Il criait… Il pleurait d’une façon hystérique… Il se cognait la tête contre le mur de tristesse et de colère… Il a continué jusqu’à perdre conscience et s’évanouir…
Nous étions environ quinze prisonniers en comptant le mari de cette femme.  Près de nous, il y avait un canapé, sur lequel étaient assis un capitaine, un sergent, et trois autres geôliers… Ils observaient tous ce crime  comme s’ils assistaient à un film comique… Ils riaient d’une voix forte… Ils insultaient la jeune fille, son mari et nous-mêmes… Nous avons détourné visages de cette vision horrifiante… Ils nous ont alors forcés à regarder, et nous ont menacés du supplice sur la roue si nous n’observions pas…
Cela a duré environ cinq minutes qui furent abominables et extrêmement  douloureuses pour nous…
Les geôliers nous ont ensuite à nouveau bandé les yeux et nous ont reconduit au dortoir une nouvelle fois en nous frappant et en nous humiliants… Ils nous disaient « C’est ce qui attend vos sœurs si vous n’avouez pas tout »… Ils ont ensuite emmené un troisième puis un quatrième groupe… Afin qu’ils observent encore et encore le viol de cette faible fille.
Cela a duré environ une demi-heure…
La tristesse et la douleur déchiraient notre poitrine en pensant à l’horreur que subissait cette pauvre fille et en pensant à son mari qui n’avait pas eu la force de supporter cette scène et qui avait perdu conscience… Ils étaient des habitants du quartier AlRaml,  sur lequel la colère du gouvernement plane encore…
Ce n’était pas le premier cas de viol. Il y en avait déjà eu plusieurs auxquels ont dû assister certains de mes camarades de dortoir… L’un d’entre eux avaient été forcé  à assister à quatre viols… celui-ci était le cinquième…
Ce viol, c’était ce que nous avions subi de pire durant notre détention… De voir nos filles, nos sœurs et nos épouses se faire violer par ces porcs… sans aucune forme de respect ou de considération envers la civilité, la religion ou l’honneur… De voir notre honneur se faire violer devant nos yeux sans que nous puissions répondre et venger l’affront…
Il est clair que cet acte est volontaire et planifié… visant ainsi à nous torturer, à nous faire mal, à nous briser… Qui donc peut imaginer que cela arrive pour une jeune fille de sa famille, sans qu’il subisse ce que nous avons subi de douleur, de supplice et de colère qui dépassent toute description…
Ces êtres, nous ne pouvons les décrire par aucun des qualificatifs des criminels… nous ne pouvons pas même les comparer aux animaux car ils sont plus sauvages, plus bestiaux que tout animal…
Ce qu’ils nous font, ce qu’ils font à nos femmes, à ces perles, dépasse tout crime… Après cela, nous ne pouvons plus nous taire… que leur reste-t-il donc à nous faire subir ? Ces mercenaires n’ont laissé aucun
crime, aucune bassesse sans qu’ils ne nous la fassent subir… La situation est devenue insupportable et le vase de notre colère a débordé…
Mais ce que ces lâches n’avaient pas compris est que ce qu’ils nous ont forcé à voir n’a fait qu’augmenter notre détermination à abattre ce régime criminel et pervers… Ce sale visage qu’ils nous ont montré constituera pour nous des réserves d’énergie afin de poursuivre notre révolution contre cette bande qui sourit au monde, sans pourtant parvenir à cacher sa sauvagerie. Dieu a voulu que leur saleté éclate par
leurs agissements et leurs crimes contre toute l’humanité.

La Commission Générale de la Révolution Syrienn